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6月27日 Du jus rouge entre les dentsSes branches sont si lourdes que ses feuilles vertes et pointues chatouillent l'herbe. Le cerisier-de-devant fait des guilis guilis à la pelouse et des courbettes au fier noyer d'à côté. Les boules rouges et luisantes ne sont plus roses aujourd'hui ! Ca y est ! Les cerises ont mûri ! Mais il y en a tant et tant... la cueillette sera redistribuée aux voisins et aux cousins pour ne pas faire honte à Monsieur cerisier qui s'efforce de nous livrer le meilleur de lui-même depuis tant d'années.
Retombons à l'âge de la cueillette. Passons des heures entières dans l'arbre, les bras en l'air, avec les éclats de soleil que filtrent les feuilles et qui éclaboussent nos visages de froncements de narines et de plissements de regards. Travaillons avec minutie pour récupérer point par point les fruits du soleil sans arracher de branches ou voler les fruits déjà entâmés par les merles et les colombes.
Gavons-nous de ces fruits juteux et tachants, jusqu'à en avoir mal au ventre ! Rappelons-nous les souvenirs de l'enfance et les vieux cerisiers du cimetière (qui étaient le repère des gourmets du village l'été venu). Batailles d'eau entre les tombes et escalades de mausolées pour atteindre la dernière branche où quelques fruits persistaient encore à bronzer. Batailles d'eau, courses poursuites contre les étourneaux, courbettes amusées devant une vieille dame venue fleurir la tombe de son cher époux et éclats de rires enfantins ravis d'avoir le droit de manger entre les repas des bonbons sucrés et rafinés. D'autant plus que les cerisiers du cimetière nourrissaient nos fantasmes d'enfants et nous imaginions les racines des arbres puiser leur sève miraculeuse sous les pierres tombales posées là à l'hiver dernier. Recette du bonheur entre asticots, étourneaux, cerises et tombeaux...
Enfin voilà, le cerisier a tout donné. Nous en avons bien profité cette année encore. Cette petite joie furtive nous réconcilie avec la ruralité et ouvre toujours les portes d'un été plombé où seuls les blés s'épanouiront encore.
6月23日 Ca promet...Petite pensée technocratique
"La modernité et la liberté de penser s'arrêtent là où commence le droit du travail."
6月14日 EncapsuléesJusqu'ici assoupis, les yeux glauques et les paupières lourdes, les souvenirs de vacances d'été en Côte d'Amor, de l'enfance où l'état de petite fille autorisait toutes les facéties, ne perçaient pas la croûte du quotidien.
Au détour d'une odeur, mille souvenirs se réveillèrent, comme levés au clairon et placés en rang d'oignon dans la cour intérieure !
Et à cela s'ajoutèrent le réveil de mille autres odeurs jusqu'ici recherchées activement par les polices du comté de l'âme. Et s'en suivirent les miaulements des milliers de souvenirs accrochés indéfiniment à chacune de ces odeurs, si facile à se remémorer...
C'est si facile de se remémorer un parfum, une odeur... étrange. Pourquoi ne pas faire cet exercice de mémoire plus régulièrement ? Exercice tout à fait comparable à la masturbation qui mène au plaisir ultime et si intime. Se pousser à l'orgasme en imaginant l'odeur corporelle de l'être aimé, se remémorer le parfum rassurant et familier d'un lieu où nous nous sentions bien, revoir un être perdu et lui serrer la main à travers la mémoire de sa présence olfactive.
"Se souvenir des sensations de l'après-midi passée à Lauvay sur Loire - Les odeurs de la vieille Loire - l'écluse - le releveur de pièges - le soleil - la vieille maison du "port" - les alouettes - les grillons - les arbustes en toiles d'araignées " Se souvenir de cette journée... ou juste de son empreinte odorante qui plongea ma cervelle 15 ans en arrière et fit revivre ma grand-mère d'antan. Avant qu'elle ne perde la tête. Et retrouver une image belle de la Rance. Avant que je ne la voie avec mes yeux de jeune femme, boueuse et désertée.
C'est décidé ! Toutes les odeurs que mon corps à encapsulé depuis ma naissance et rangé je ne sais où, je vais les retrouver et elles remplaceront les meilleurs godes de fabrication japonaise pour m'emmener au malaise intime du bien-être solitaire, du plaisir inavouable.
"- A quoi tu penses ?
- A une capsule de bien-être sur laquelle je viens de remettre la main..."
3月14日 ThrillerPppffff... encore une nuit à gratter le clavier !
Pas envie de dormir et toujours ce boulot à terminer...
Pourtant pas envie de cloper dans la pièce où l'on dort. On ouvre la fenêtre. Les volets sont ouverts. On sort le briquet et on porte une Lucky à ses lèvres.
Après l'étincelle de la pierre, l'obscurité revient. Mais ?! Oh Putain !!! C'est la nuit des morts vivants dehors !!!
Comme sur le plateau de tournage d'un téléfilm policier pour France 3, une nappe de brouillard laiteuse s'abbat sur le champ d'en face. C'est glauque. On s'attend à entendre hurler le chien de Baskerville d'un moment à l'autre !
Pas possible ! Il faut pas louper ça ! Au cas où des zombis viendraient à traverser la nuit de cette campagne, je chausse mes lunettes pour ne pas louper l'affaire !
Et là. Le charme se rompt. Ce n'est pas du brouillard. Ni une nappe de fumigènes. C'est juste que la lune est très forte cette nuit. Alors, quand un nuage passe devant elle, la terre reste sombre et quand le nuage s'échappe, une lumière blanche court sur le champ marron et mal labouré. Alors, on a l'impression qu'un voile clair ondule sur le sol et que la terre se blanchie un peu.
C'est beau quand même. On a l'impression de voir danser les blés, comme ils le font en été quand le vent leur impose une épreuve de danse synchronisée. Ou alors d'être un soir d'orage, où la terre semble rouge et où les nuages laissent courrir leurs ombres terrifiantes sur le sol.
Hummm... C'est beau ! Mais c'est pas un thriller. Dommage.
Bon, c'est pas tout ça. On a fumé la clope et le boulot n'a pas encore avancé...
6月20日 coups de soleilQuel bonheur de profiter des premiers beaux jours !!! Tant de promenades, de festivals, de concerts ... Tant de cerises gorgées de soleil ! Et la première baignade dans les étangs !!! Oui. Quelle joie ! De sentir ses cuisses fusionner avec le fauteuil du salon de jardin. De s'asseoir sur la banquette de moleskine où le passager précedent de ce train a laissé son empreinte. De pouvoir faire des bisous salés, grâce au liseret de sueur qui perle au-dessus de la lèvre supérieure. Hhhhuuummmmm et les premiers coups de soleil !!! La peau en feu. Cette ingrate couleur rougeâtre qui couvre le torse et les épaules... Non, sincèrement ! Je la joue ironique mais pas tant que ça... Avouez ! Ces petits riens nous semblent désagréables, mais ils sont un peu les madeleines de Proust de tous nos étés d'enfants et d'ados... J'ai beau être "une fille du nord" par excellence, et bien j'adore quand apparaissent ces petits maux des beaux jours ! Gros, minces, filles, mecs... tous logés à la même enseigne ces jours là ! Vous supportez les premières chaleurs vous ? Vous courrez jouer l'écrevisse sur les terrasses de café à la première heure ? Ou vous vous cloîtrez dernière vos persiennes ? Vous bronzez cuivre ? Or ? Noir ? 6月7日 Quand on s'promène au bord de l'eau" Quand on s'promène au bord de l'eau, J'en connais qui sont toujours heureux tant que le macadam reste sous leurs pieds ! Mais avouez ... une belle balade c'est un p'tit rien qui vous fait oublier les soucis du quotidien ! Il y a un mois, les grenouilles commençaient à sortir autour de la vieille Seine. A 18h pêtantes, le concert commençait ! Et alors que la pluie nous ennuie... les escargots (les gros Bourgognes) en sont ravis ! L'autre jour, il a fallu que je colle mon regard au chemin pour ne pas en écraser à chaque pas ... Et les oiseaux !!! Si l'on est dans les champs. Entre les champs de blé et les champs de colza, l'alouette nous joue des tours... bien que son chant nous saoule éperduement, rapide et puissant, nous ne trouvons que difficilement ce petit point noir haut perché dans le ciel. Il y a aussi les coquelicots. Je suis ravie, cette année, les cultivateurs ont dû avoir l'autorisation d'épandre moins de pesticides... parce qu'il y a plein de coquelicots et de pâquerettes royales et de parasols... tant de fleurs que j'avais oublié. Je me surprends à confectionner des bouquets de fleurs des champs, comme quand j'étais petite et que je passais les donner à ma grand-mère en fin d'après-midi. Elle m'offrait alors un verre d'anthésite réglisse... Marcher dans la nature c'est l'kiff gros ! Ca déchire tout ! Ca me permets d'oublier tout et de recadrer l'essentiel. Et puis ce qui est bien, c'est quand on connait le coin. Alors, on aime passer par des chemins qui trimbalent notre enfance. Des clairières auquelles aucun chemin ne mène, mais que nos pas savent retrouver à travers bois ... |
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